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Déjà bien avant William Harvey (1578-1658), le découvreur « officiel » de la circulation sanguine, des anatomistes prestigieux s'opposaient à la logique du médecin romain Galen sur la circulation du sang. Realdus Colombus (1516-1559), Paracelsus (1493-1541) et d'autres anatomistes croyaient que l'artère pulmonaire était remplie de sang et non pas d'air. L'Église a brûlé Serventus au bûcher en 1553 pour avoir disséqué des cadavres humains, mettant ainsi en doute la théorie officielle de la circulation du sang. À ce moment, la médecine de Galen, bénéficiant de la protection de l'Église catholique, avait déjà retardé la compréhension de la physiologie humaine de presque un millénaire. Le fait que le sang circulait dans une direction sous l'action de la pompe cardiaque était déjà connu des Chinois depuis 2650 av. J.-C.
L'espèce humaine est la seule espèce animale qui souffre de maladies cardiovasculaires. La maladie de l'artère coronaire (coronary artery disease : CAD), l’infarctus et autres problèmes vasculaires tuent des millions de gens chaque année; beaucoup de mortalité pouvant être évitée et résultant de régimes riches en graisses animales, d'un style de vie pauvre et de manque d'exercice. Chaque fois que ces maladies sont artificiellement provoquées chez des modèles animaux, la compréhension des pathologies du coeur et la découverte de traitements réels se volatilisent. Pourquoi ? Parce que des différences physiologiques et anatomiques rendent souvent non valables les spéculations entre espèces et orientent le jugement de façon erronée. La transplantation du coeur, l'angioplastie et la chirurgie par pontage sont devenues des succès grâce aux études cliniques, aux essais erreurs chez des patients mais le traitement n’a pas progressé malgré une préoccupation excessive de l’étude sur les animaux de laboratoires.
Des maladies cardiovasculaires ont été observées en recourant à des études cliniques ou à des autopsies par Edouard Jenner (1783), Jean Nicholas Corvisart (dans les années 1880) et par d'autres cliniciens. La liaison entre le taux de cholestérol élevé et la CAD fut démontrée par des études épidémiologiques. Les tentatives pour induire des CAD chez plusieurs espèces animales se sont avérées impossibles parce que les animaux ne produisent pas de plaques athérosclérotiques et quelques chercheurs ont timidement admis ce fait. En outre, les animaux métabolisent différemment les graisses que ne le fait l'être humain, un fait tout à fait évident, particulièrement chez l'un des animaux de laboratoire les plus étudiés : le rat. L'anatomie des vaisseaux sanguins des animaux, tels les chiens et les singes par exemple, représente aussi un problème lorsqu'il s'agit de reproduire des anomalies vasculaires de type humain. Autant les lipoprotéines alpha que bêta augmentent chez les gens, alors que ce n'est pas le cas chez l'animal. Les médicaments évalués chez les animaux qui reproduisent mal les symptômes et qui ne développent pas les mêmes maladies que l'être humain deviennent neutres ou nuisibles lorsque évalués chez les patients, bien qu'ils puissent agir sur certaines autres maladies sans rapport.
L'usage de la nitroglycérine pour contrôler l'angine ou de l'aspirine comme anticoagulant s’est basée sur des observations cliniques seulement. D'autres médicaments comme l'acetylcholine et la bradykinine, évalués chez des animaux ont diamétralement des effets opposés chez l’être humain. La ticlopidine comme un agent contre l’infarctus a été associée à de sérieux effets secondaires qui n'auraient pu être prédits par des études précliniques. L'amrinone a causé des thrombocytopénies, une diminution des cellules sanguines nécessaires à la coagulation, chez l’homme mais pas chez le rat, le hamster, les cochons d'Inde, les chiens et les singes. D'autres médicaments furent retirés ou étiquetés de nouveau parce qu'ils furent associés à des dommages au foie ou à de l'insuffisance rénale. Le Viagra et d'autres dérivés ont été initialement évalués chez des animaux pour étudier leur effet potentiel sur l'angine de poitrine ou les douleurs à la poitrine mais furent ultérieurement prouvés inefficaces pour traiter ces malaises chez l’homme.
Des exemples innombrables tels ceux-ci démontrent que l'expérimentation animale est dangereuse parce qu'elle apporte la confiance trompeuse que les médicaments sont inoffensifs et efficaces. Récemment, la société Bayer a retiré le Baycol (de la famille des statines comme la lovastatine trouvée par hasard et dont l’action fut démontrée in vitro sur le cholestérol élevé) parce qu'il cause une grave maladie musculaire mortelle. Certains de ces médicaments furent associés à de sévères anomalies chez les animaux, mais pas chez l’homme, ce qui en a retardé l'utilisation et les bénéfices pour les patients.
L'action des bêta bloquants ou de certains médicaments antihypertenseurs, comme les diurétiques, a été d'abord observée chez l’homme; certains de ces médicaments peuvent également servir à traiter des animaux en médecine vétérinaire s'ils réagissent aux médicaments de la même façon que l'homme. Cependant, la grosse piastre et la recherche animale sont principalement orientées vers la santé humaine. Les tentatives de créer des infarctus chez les animaux sont difficiles et quand cela se produit artificiellement, la médication échoue. Dans la période de 1978-1988, vingt-cinq médicaments ont été essayés pour traiter l'infarctus chez les animaux. La quantité qui a agi chez l'homme se révéla être zéro. Les observations cliniques des effets d'agents dissolvants des caillots ont fait progressé des traitements tandis que des expériences sur des animaux ne l'ont pas fait. N'importe quelle méthode in vitro utilisant du tissu humain donnera un résultat ayant plus de validité et de fiabilité que n'importe quel essai sur un quelconque tissu animal non humain. La prise de conscience de la population à l'égard de la santé a permis aux gens de savoir ce qu'il faut faire pour éviter les maladies cardiovasculaires, toutefois les méthodes préventives sont obstinément négligées.
Il n'y a aucune pilule magique pour traiter les maladies cardiovasculaires et la prise de médicament ou subir une chirurgie sont des preuves évidentes que la prévention a échoué. L'industrie pharmaceutique est pleinement consciente de ce fait et rit jusqu'à la banque, avec la bénédiction du gouvernement, entre la souffrance et le désespoir des Canadiens. Grâce à de nouvelles technologies, d'abord évaluées chez des animaux mais plus tard médicalement raffinées et perfectionnées lors d'expérimentations cliniques, nous pouvons explorer le coeur, l'opérer et même le remplacer. Des études animales n'ont pas apporté d'informations appropriées et ont retardé la science dans le domaine des maladies cardiovasculaires. La cathéterisation cardiaque de Werner Forssmann en 1924, par insération d'un long cathéter dans la veine du coude en le poussant directement au coeur, a montré l'utilité d'examiner le coeur et la tension.
Pour une quelconque raison, on ne pouvait pas faire de même chez les lapins, causant ainsi leur mort. On a donc laissé tomber les lapins. Ceci aida également au développement d'autres techniques comme la chirurgie à coeur ouvert et au raffinement de l'anesthésie. Il y eut aussi le prolongement de l'idée de Forssmann se basant sur l'anatomie humaine et à qui on a attribué le Prix Nobel, avec Cornand et Richards, en 1957. Des scans sur les animaux domestiques permettent l'évaluation des artères; les défibrillateurs, l'angiographie et l'échographie sont maintenant disponibles et ne doivent rien à la recherche animale, bien qu'ils aient été évalués sur des animaux.
Beaucoup d'animaux ont été utilisés en chirurgie cardiaque pour évaluer de nouvelles procédures toutefois d'excellents médecins préfèrent profiter des avantages de la pratique clinique et de la formation pour effectuer des percées parce que ce sont tout simplement les meilleures méthodes. Ceci se reflète par la richesse d'opinions contre la recherche animale de chirurgiens renommés tant du passé que du présent (par exemple Lawson Tait, Charles Bell, Charles Clay, Frederick Treves, Fergusson, Fadali). Des opérations de pontage du coeur, des opérations de greffes d'organe et des procédures d'anévrisme sont exécutées grâce à la compréhension clinique de l'anastomose, de la physiologie et de l'immunité de l'être humain. Indépendamment des nombreuses expériences animales les ayant précédées, les essais erreurs de l’expérimentation clinique s’avérèrent nécessaires pour rendre le procédé plus sûr.
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