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Le Modèle animal?

''Si les trillions de dollars gâchés dans les modèles animaux étaient allés, au contraire, dans des alternatives basées sur le modèle humain, qui peut savoir ce que nous aurions accomplis jusqu’alors.''--- Dr(s) C.Ray Greek and Jean Swingle Greek, Sacred Cows and Golden Geese: The Human Cost of Experiments on Animals. 2001


Kathleen Murray, directeur du service de transgénèse des Laboratoires Charles River, le plus grand fournisseur d'animaux de laboratoire au monde, nous dit ceci au sujet des souris transgéniques : "Il n'a pas une seule souris transgénique qui a permis de trouver un remède qui guérit une maladie. Ce sera une combinaison de souris qui apportera toute l'information nécessaire pour obtenir une image complète." La première partie de son assertion est un fait vérifiable, la deuxième est davantage un rêve de chercheur. (1)

Selon la définition de l'Institut du laboratoire des ressources animales (Institute of Laboratory Animal Resources) de l'Académie nationale des sciences, un modèle animal est: "Un organisme vivant dans lequel la biologie ou le comportement peut être étudié ou dans lequel un processus pathologique spontané ou induit peut être étudié et dans le lequel le phénomène ressemble, dans un ou plusieurs aspects, au même phénomène chez l'homme ou chez une autre espèce animale."

Dr. Richard Klausner, de l’Institut national du cancer a fait ce commentaire : "L’histoire de la recherche sur le cancer a été l’histoire du traitement du cancer chez la souris. Nous avons guéri les souris pendant des décennies, et cependant cela ne fonctionne pas [sur l’homme.]" (2) En étudiant, avec un esprit ouvert, la contribution de l’expérimentation animale dans le traitement du cancer, on peut conclure à un gâchis de ressources scandaleux, qui a été dénoncé par des experts, comme Irwin Bross, James Watson, Thomas E.Wagner, tous des chercheurs reconnus et bien d’autres.

Pour masquer la confusion régnante dans certains laboratoires, certains expérimentateurs ont aujourd’hui adopté la stratégie de se "cacher" ou de ridiculiser et diaboliser, plutôt que de discuter, les arguments de ceux qui s’opposent aux tests sur les animaux. Par exemple, ils s’entourent de systèmes de sécurité, de gardes à l’entrée des instituts, en justifiant d'une telle mesure par la menace "terroriste" des "anti-humains," des "anti-sciences" qui veulent arrêter la recherche scientifique, etc… Tout cela est bien ridicule et prouve à quel point les lobbies sont dépassés par le mouvement du progrès et prêts à bien des bassesses pour garder leurs anciens privilèges. Les médias, au Canada, en grande majorité contrôlés par les grandes compagnies privées, refusent de couvrir le débat.

Il y a un vaste catalogue de médicaments ou de traitements, mais il est utile de se rappeler de quelques drogues ou certaines thérapies qui sont comme des références dans l’histoire médicale. Elles passèrent avec succès les tests sur les animaux et les tests cliniques, mais furent retirées de la pharmacie, car jugées trop dangereuses ensuite:

  • Thalidomide: une drogue qui causa environ 10,000 cas de difformités chez les nouveau-nés. Cette drogue fut testée pendant des années avant et pendant son introduction. En dépit des évidences cliniques, la compagnie qui produisait la drogue refusa de la retirer du marché, et la raison ? Les tests sur les animaux ne prouvaient pas l’effet teratogénique de la thalidomide. Aux Etats-Unis, un docteur courageux s’opposa fermement à sa commercialisation, car elle jugeait que les tests sur les animaux n’étaient pas fiables.
  • Diethylstilbestrol: ne fut pas testé en clinique, c’est un œstrogène synthétique qui causa des cancers de l’utérus et du sein. Les tests sur les animaux montraient des cas de cancer du sein, chez les souris males!
  • Floxine: un antibiotique qui causa des cas de psychose et des attaques d’épilepsie
  • Opren: utilisé contre l’arthrite, tua 66 personnes et 3,500 cas de réactions sévères furent rapportés
  • Eraldine: un cardiotonique retiré en 1975 après avoir blessé 7000 individus dont 23 sont morts. Les tests négatifs sur les animaux poussèrent les études jusqu’à son introduction dans la pharmacie.
  • Zomax: le profile de toxicité était satisfaisant chez l’animal, mais tua 14 personnes
  • Opren: utilisé pour le traitement de l’arthrite rhumatoïde et tua 61 personnes
  • Phenylpropanolamine: composant trouvé dans les sirops contre le rhume et la toux, causa 500 cas d’attaques cérébrales chez des femmes
  • Beaucoup d’autres drogues sont dangereuses (50%), d’autres n’ont pas d’effets thérapeutiques, ce nombre est estimé à 40% des drogues sur le marché. Ne pas oublier, par exemple, que l’industrie nia les effets toxiques du tabac parce que les tests sur les animaux était négatifs. Des données épidémiologiques faisaient le lien évident entre la consommation de tabac et le cancer, mais ceci n’était pas accepté comme une preuve par l’industrie. Des millions d’animaux sont morts dans des tests cruels pour couvrir cette industrie. Depuis lors, des millions de personnes sont mortes du cancer, parce que les mesures de prévention ont été adoptées trop tard par les autorités médicales.(3)

Il y a des drogues ou des thérapies qui ne passèrent pas les tests sur les animaux (ou les passèrent mais sans succès) et furent bénéfiques par un heureux retour de circonstances:

  • Digitalis: utilisé pour l’insuffisance cardiaque
  • Streptomycine: un antibiotique bien connu
  • Corticostéroïdes: utilisés dans les traumatismes du système nerveux central. Causa des effets teratogéniques chez les animaux mais pas chez l’homme
  • Pénicilline: un autre antibiotique, qui fut testé d’abord sur des lapins sans succès, abandonné, puis testé sur des souris plusieurs années plus tard, cette fois-ci avec succès. Des tests sur l’homme avaient auparavant été concluants. Toxique pour les cochons d’Inde
  • Bêta bloquants: utilisés pour réduire la pression artérielle, trouvés par hasard grâce aux observations cliniques
  • Fluoride: utilisé dans la prévention de la carie
  • Depo-provera: contraceptif qui fut barré aux États-Unis à cause des cas de cancer chez le chien et le babouin, alors que d’autre pays l’utilisaient depuis de nombreuses années sans problèmes.

Il y a aussi des études épidémiologiques qui ont permis de faire le lien entre:

  • Les malformations congénitales. (Spina bifida et la déficience en acide folique)
  • Le cancer et la consommation de tabac ou de viande rouge
  • Les maladies cardiovasculaires et les mauvaises habitudes alimentaires
  • Les risques de maladies en rapport avec l’exposition aux agents toxiques sur le lieu de travail
  • Les attaques cérébrales et la pression sanguine
  • Effets dangereux du remplacement hormonal post-ménopause
  • Le lien entre la consommation des fruits, graines, céréales, des légumes, de la viande, du vin et l’effet de l’exercice physique et du stress sur la santé
  • Le SIDA et sa transmission

D’autre part les autopsies, l’analyse du tissu humain post mortem et les biopsies, sont des méthodes qui permettent de collecter des informations cruciales sur les maladies:

  • Il y a les études des médicaments sur le marché permettant de suivre les effets secondaires dans la population.
  • Toutes les études des cas cliniques (traumatismes, défauts congénitaux.)
  • La chirurgie, la génétique, l’introduction des systèmes informatisés, des modèles mathématiques, des senseurs physico-chimiques, de la numérisation, etc…
  • Les méthodes in vitro aujourd’hui abondent, pour les diagnostiques, les études toxicologiques, la recherche fondamentale sur du tissu humain.
L’Institut national du cancer aux USA ne se base plus seulement sur le modèle animal. Cette institution avait testé 40,000 entités chimiques sur les animaux et pas une seule molécule anti-cancéreuse utile à l’homme fut trouvée. Ceci coûta aux contribuables américains des millions de dollars.

De même, l’Agence de protection de l’environnement (EPA) ne se base plus seulement sur les tests sur les animaux. Le gouvernement européen est en train de changer sa politique en matière de test des produits chimiques, avec l’introduction de méthodes alternatives aux tests sur les animaux.

Il y a de multiples médicaments ou de thérapies qui ne passèrent pas les tests sur les animaux et toutes ces avancées médicales sont liées aux études cliniques et au progrès technologiques de la chimie et de la physique:

  • Aspirine: réduit les risques de maladies coronariennes de moitié, en plus d’être un excellent analgésique. Il tue les souris néanmoins.
  • Cathéter cardiaque (Forssmann 1924)
  • Quinine et la compréhension du paludisme (Manson 1844)
  • Rayon X (Röntgen 1895)
  • Anesthésie (Davis 1818)
  • Antisepsie (Velpeau 1859, Semmelweis 1847)
  • Cocaine et morphine (Mantegazza 1859)
  • Nutrition et jeûne (Rubner 1876 and Dewey 1878)
  • Nature non infectieuse du Pellagra (Déficience en vitamines-Goldberger 1914)
  • Drogue AZT (utilisé contre le cancer) dans le traitement du SIDA
  • Traitement diurétique de l’hypertension par les thiazides
  • Curare
  • Prednisone, actinomycine D, composés des nitrogènes utilisés contre le cancer
  • Antidépresseurs comme l’iproniazide qui conduit aux inhibiteurs des oxidases des monoamines
  • Action du jus de pamplemousse sur l’efficacité des médicaments
  • Lidocaine découverte par accident, utilisé pour dysrhytmie ventriculaire
  • Angioplastie (Testée plus tard sur les animaux sans plus de résultats valables)
  • Anastomose, mise au point sur des cadavres par Murphy (Carrel 1912 Nobel Prize)
  • Héparine et les citrates comme anti-coagulants
  • Microscopie électronique et la structure du VIH
  • Le manque de globuline gamma lié aux maladies chroniques du système immunitaires(Good 1952)
  • Génome Humain
  • Traitement du cancer et du SIDA et il y a d’autres découvertes où la recherche sur l’animal n’a joué aucun rôle ou celle-ci aurait pu être remplacé par une autre méthode. Bien souvent l’expérimentation sur l’animal intervient pour "reproduire" ce qui a été observé chez l’homme, dans l’espoir souvent déçu de comprendre le phénomène humain.

 

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