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Alternative? Est-ce que cela existe?

"La plupart des essais sur animaux que nous acceptons n’ont jamais été validés. Ils se sont développés pendant ces vingt dernières années et la FDA (Federal Drug Administration) trouve cela normal." --- Anita O’Connor du FDA (Food &Drug Agency)


Les experts impliqués dans la recherche sur les animaux voient leur méthode comme l'étalon d'or auquel doivent se comparer toutes les autres méthodes ayant pour objet de remplacer l'expérimentation sur les animaux vivants. C'est le processus de validation qui bien souvent va nécessiter des expériences supplémentaires sur les animaux. On peut s'interroger sur la logique qui vise à trouver des méthodes plus objectives et plus efficaces en se basant sur des standards expérimentaux subjectifs et sujets à de nombreuses erreurs, comme les tests sur les animaux.

Si un test sur le modèle animal donne un résultat X (la valeur de référence), faudrait-il rejeter un autre test qui donne le résultat Y, sous prétexte que c'est X qu'il faut obtenir? Si le modèle animal était précis, cette conclusion serait justifiée, mais puisque le modèle ne l'est pas, cette conclusion peut induire en erreur. Les méthodes alternatives et les nouvelles techniques visant à remplacer les animaux dans les sciences biologiques tentent de réduire cette erreur et de donner des résultats plus justes et proches des phénomènes qui se déroulent dans le corps humain. Il n'est pas besoin d'avoir un doctorat en sciences pour comprendre que le meilleur modèle pour l'homme, c'est l'homme lui-même et les systèmes in vitro qui s'en rapprochent le plus.

Une alternative est un moyen de remplacer une méthode par une autre qui à au moins la même valeur, mais dont on espère des avantages supplémentaires. Si les scientifiques adhèrent à cette définition, ces nouvelles méthodes qui existent ou qui sont en phase de développement devraient être acceptées facilement, pourtant ce n'est pas le cas, étant donné la persistance avec laquelle le modèle animal est utilisé partout dans le monde.

Il faut améliorer la disponibilité du surplus de tissu humain pour la recherche au lieu de le détruire, ce matériel humain est utile pour trouver des systèmes in vitro, pour tester de nouvelles molécules et quasiment toute partie du corps humain peut être utilisée à des fins biomédicales, sous stricte supervision et dans le respect de la dignité humaine. Le tissu humain est abondant mais sa collecte pose des problèmes moraux ou crée de l'appréhension. Pourtant entre de bonnes mains et sous contrôle de gens responsables, ce tissu contient les réponses que les chercheurs essayent depuis des décennies vainement de trouver chez les animaux. .

Il est essentiel de prendre quatre mesures :

1) Créer des structures au sein des hôpitaux et des cliniques, responsables de la collecte du tissu humain à des fins de recherches, de sa distribution, de l'harmonisation des besoins entre chercheurs et cliniciens et de l'éducation du public. Il y a de nouveaux emplois à créer dans ce secteur.

2) Créer des banques de tissus dont la mission est la collecte, l'enregistrement, le stockage du matériel humain et sa distribution. Il en existe en Europe et au USA. Les chercheurs du Canada doivent acheter certains tissus humains à l'étranger, ce qui coûte cher, pose des délais et il est simplement inacceptable que de telles structures n'existent pas au Canada. En particulier, les cellules souches adultes, en remplacement du tissu embryonnaire humain, offrent des perspectives prometteuses.

3) Adopter une législation, par laquelle les individus sont des donneurs potentiels à moins d'avoir signé leur refus d'être donneur, ce qui est le droit de chacun. Cette législation existe en Belgique, en Espagne et en France par exemple ; il est sans surprise que la collecte à doublé d'importance. Au Canada, une famille peut s'opposer au don d'organes d'un de leur proche décédé, même si cette personne, de son vivant, a signé un document attestant son désir de donner ses tissus. Nous devrions avoir un système qui protégerait mieux les libertés et les voux des personnes défuntes, à ce titre.

4) Les nouvelles méthodes in vitro de substitution au tests sur les animaux doivent être employées maintenant et échapper à ce processus long et inutile de validation, pour les raisons invoquées plus hauts. Les autorités doivent créer un budget pour mettre au point d'autres types de tests sans animaux, remplacés progressivement l'usage de tissus animaux par le tissu humain dans la recherche en santé humaine. L'évolution contraire serait une aberration scientifique et médicale qui nuirait à la santé, sans même évoquer l'hécatombe des animaux de laboratoire qui constitue déjà une lourde charge pour la conscience et l'intelligence humaine.

5) Eduquer le public et l'intéresser à cette science qu'il finance et dont il reçoit les bénéfices ou les affres. Malheureusement, cela est difficile. Une fraction du public refuse de donner des organes, du tissu ou de participer à la recherche en se portant volontaire. Certains n'ont pas confiance dans le système de recherche clinique. Le don est un bienfait s'il est le résultat d'une décision éclairée en accord avec des professionnelles de la santé et de la recherche agissant de manière responsable. Peut-être nos enfants auront-ils la chance de vivre mieux si maintenant nous choisissons des options visant à améliorer le cadre de vie, une meilleure recherche en santé, une meilleure prévention des maladies. L'éducation est essentielle pour faire reculer l'ignorance, la peur et les préjudices se rattachant au don de tissus ; le don est un geste noble et humaniste.

Il est vital que le public s'implique davantage dans les décisions concernant la santé de leur famille. En lieu d'investir des millions de dollars, qui servent aux intérêts d'une élite influente et au lieu de règlements désuets qui constituent une entrave au progrès médical, la recherche peut se basée sur une autre philosophie et d'autres outils qui ont fait leur preuve. C'est au public de faire pression sur nos dirigeants pour que la recherche en santé s'améliore.

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