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Alternatives

Aucune espèce animale n'est le modèle biologique d'une autre. Les résultats n'étant pas transposables d'une espèce à l'autre...


Depuis les deux dernières années, l'Allemagne a donné six millions de dollars US par an d'allocations de recherche dans le domaine, les Pays-Bas ont dépensé 2 millions par an. Le Centre européen de validation des méthodes alternatives, qui fut créer en 1992, a un budget de 9 millions de dollars par an. L'Institut national des sciences de la santé environmentale (NIEHS) offre 1.5 millions de dollars de bourses. L'industrie a aussi donné 1 million par année que le Centre des alternatives aux tests sur les animaux (CAAT) de l'université Johns Hopkins redistribue en forme d'allocations. (3)

Malgré ces investissements les tests sur les animaux continuent et le principe de validation met en échec l'adoption rapide des nouvelles méthodes. La solution serait l'abolition par la loi des tests sur les animaux et leur remplacement immédiat par les techniques déjà existantes se basant sur les systèmes in vitro humains idéalement, au lieu d'un processus de validation fastidieux (et scientifiquement discutable quand les tests sur les animaux servent de standard d'évaluation) et qui rencontre une évidente opposition des lobbies. Pour qu'une telle loi voit le jour, il faut la participation du public. L'Union européenne demande à travers sa Directive 86/609 qu' «une expérience ne devra pas être conduite si une autre méthode satisfaisante du point de vue scientifique, permettant d'obtenir les résultats souhaités sans l'utilisation d'un animal, est raisonnablement et de manière pratique disponible.» (4) Avec une telle définition de complaisance, les chercheurs peuvent toujours invoquer qu'une autre méthode n'est pas pratique ou scientifiquement non prouvée et donc seule l'utilisation des animaux peut répondre à leurs besoins de publier.

Prenons une hypothèse. Soit une entité chimique (hormone) devant être testée sur du tissu hépatique (foie), le test standard demande l'utilisation de tissu de rat (comme c'est l'usage depuis longtemps). Le test sur le foie humain n'ayant jamais été standardisé (on se demande d'ailleurs bien pourquoi dans la mesure où le tissu est d'abord humain, ce qui modélise mieux la réponse chez l'humain et il est abondant puisque des milliers de gens décèdent chaque année avec un foie en bon état et donc le tissu hépatique peut, en théorie, être collecté, mis en culture et utilisé pour des usages utiles à la société.) Sous prétexte que le nouveau test (humain) n'a jamais été validé et qu'il faut remplir quelques papiers administratifs pour obtenir le tissu, ce chercheur pourra donc justifier l'utilisation des animaux de laboratoire.

En 1993, s'est tenu à Baltimore, le premier Congrès mondial des alternatives ou de nombreux chercheurs qui travaillent dans ce domaine se réunissent pour évoquer la progression des méthodes de remplacement des tests sur les animaux de laboratoires. Les expérimentateurs oublient de mentionner que beaucoup de leurs collègues travaillent dans les sciences biologiques pour mettre au point la science du futur. Ils oublient de mentionner aussi que beaucoup de scientifiques et de médecins n'ont pas confiance aux tests sur les animaux du point de vue strictement scientifique.

Peu d'organisations comme le Fond américain des alternatives à la recherche animale (AFAAR) et l'Université Johns Hopkins donnent des fonds dans le but de développer des modèles non-animaux. Aux États-Unis, Barbara F. Orlans a enquêté sur le programme du NIH se rapportant aux alternatives. En utilisant la loi sur l'accès à l'information, elle a découvert qu'entre 1987 et 1989, seulement 17 prix ont été attribués, représentant une somme de 2,500,000 dollars US. Ce qui est presque insignifiant comparé au budget du NIH qui est de plusieurs milliards de dollars.(5) Tristement, un pays comme le Canada, n'a pas de financement des alternatives et voit au contraire ses budgets pour la recherche en santé remis en question.

  • 1. Russel W.M.S and Burch R.L. "The principles of Humane Experimental Technique." London: Methuen and Co Ltd. (1959)
  • 2. Michael Balls. "Replacement of animals procedures: alternatives to research, education and testing." Laboratory Animals 28, pp193-211 (1994)
  • 3. "Trends in Animal Research." Online article of the American scientific, http://www.sciam.com/0297/ issue/0297trends.html.
  • 4. Council Directive 86/609/EEC of 24 November 1986 on the approximation of laws, regulations and administrative provisions of the Member States regarding the protection of animals used for experimental and other scientific purposes Official Journal L 358, 18/12/1986
  • 5. See "Appendix B: Funding Sources for Targeted Programs to promote alternatives" by F. Barbara Orlans, in: "In the name of science: issues in responsible animal experimentation." Oxford University Press, p. 251-255 (1993)

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