Outre leur utilisation dans les recherches agronomiques, les animaux de ferme tendent à remplacer les animaux de laboratoires tels que les chiens. Les chercheurs savent que les gens mangent les animaux de ferme et donc concluent que faire des expériences sur ces derniers serait une bonne tactique de relations publiques, soulevant peu d'opposition. De la même façon, les chercheurs utilisent les rats et les souris que beaucoup voient comme de la peste. Leur choix du modèle animal est moins le fruit de quelque considération scientifique, que le résultat de la perception émotive et de la signification culturelle d'une espèce animale dans nos sociétés.
Pourquoi les chercheurs hésitent-ils à utiliser les singes ou les chiens? Sans doute que dans notre imaginaire collectif, le singe, comme le chien de compagnie, est trop proche de l'homme pour le faire souffrir ou le sacrifier inutilement. Aujourd'hui, conscients de l'échec des modèles de souris et de rat, certains chercheurs font des pressions multiples pour obtenir plus d'argent afin de remplacer les souris par des singes et ils renouvellent leur campagne sur le thème bien connu de « c'est votre enfant malade ou ce singe.»
Les animaux de laboratoire sont utilisés dans cinq catégories:
Les études fondamentales en sciences naturelles, (e.g., biologie, psychologie, biochimie, pharmacologie, physiologie, etc.)
Les études à but médical, incluant la médecine vétérinaire, pour étudier les maladies humaines ou/et animales.
Les tests de toxicologie des produits pour la protection de la santé humaine et animale ou de l'environnement.
Les études de développement des produits ou des matériels pour la médecine humaine et animale.
L'éducation et le perfectionnement des étudiants du post-secondaire.
Le CCAC a regroupé les différents degrés de douleur et de stress dans quatre catégories, nommées respectivement selon leur degré d'inconfort.
B : expériences causant peu ou pas d'inconfort ou de stress. C : expériences causant un stress ou un inconfort mineur. D : expériences causant un stress ou un inconfort modéré. E : expériences causant un stress près ou au delà du seuil de tolérance chez des animaux conscients, non anesthésiés.
Depuis les années 1960, le CCAC a le privilège d'arbitrer l'utilisation des animaux de laboratoire en coopération avec ceux qui participent de manière volontaire au programme d'inspection mis en place par le CCAC. Ainsi, le CCAC se proclame d'assurer l'utilisation éthique des animaux de laboratoire et de veiller à l'exécution des directives qu'elle met à la disposition des chercheurs. Pourtant, Charlotte Montgomery dans son livre 'Blood Relations: Animals, Humans, and Politics' a enquêté sur cette organisation et a mis à jour quelques faits qui résument assez bien la nature insidieuse du CCAC.
Sa recherche souligne d'abord la perception trompeuse que l'on a du CCAC et des conflits d'intérêts qui existent en son sein. Les membres du CCAC, font partie de Agriculture Canada, Santé Canada, les associations de dentistes, de médecins, de vétérinaires, les fabricants de produits pharmaceutiques, les sociétés des sciences, la Défense nationale, les agences de financements (NSRC et CIHR), les oeuvres de charité qui financent l'expérimentation animale. C'est beaucoup de groupes qui ont en commun la recherche et donc l'expérimentation animale. Le public, qui finance la recherche et reçoit les traitements médicaux qui peuvent en découler et qui n'a pas de lien direct avec la recherche, est sous-représenté. De plus, il n'a pas accès aux informations du CCAC. Dans les faits, les hommes et les femmes qui décident des aspects éthiques et scientifiques de la recherche animale, sont les mêmes dont la carrière, les ambitions et la survie professionnelle dépendent de la continuation de l'expérimentation animale. Le CCAC repose sur un système anti-démocratique, sans transparence dont le but et de permettre aux chercheurs de continuer les tests sur les animaux dans le havre tranquille du secret. Le CCAC est financé par le gouvernement fédéral, donc par nos impôts.
Pour en savoir davantage sur le CCAC, cliquer sur le lien suivant : CCAC
Il y a d'autres groupes qui défendent la recherche animale. Comme l'explique, Christopher J. Heyde, un ancien journaliste et vétéran de la guerre du Vietnam, l'association nationale pour la recherche biomédicale a financé une réforme de la loi (Farm Bill) pour exclure, avec succès, 95% des animaux utilisés en recherche biomédicale. Une étude faite par Harold Herzog de l'université de Western Carolina et Scott Plous de l'université Wesleyan, montra que 73.3% de ceux qui sont impliqués dans la recherche était en faveur de l'inclusion des rats et des souris dans la loi (Animal Welfare Act) et 69% était en faveur de l'inclusion des oiseaux. L'Association nationale pour la recherche biomédicale est aussi connue pour son soutien envers les institutions mis en examen pour des faits de cruauté envers les animaux, en attaquant les maigres lois qui permettent de les prévenir. L'Association a aussi tenté d'introduire un amendement à une autre loi (House Agriculture Appropriations bill) interdisant au public l'accès à information. (4) La démocratie nuit aux intérêts des princes de la vivisection et ils ont réussi à faire adopter au Canada, un système de censure qui interdit aux citoyens de savoir les détails des protocoles de recherche, comme le type, le lieu, le coût des expérimentations animales et le nom des chercheurs concernés. Néanmoins avec un peu de recherche, il est possible de savoir. Le CCAC estime cette information confidentielle. Pourquoi donc tant de cachotteries?
Au Canada, un groupe similaire a un site Internet Les Canadiens pour la recherche médicale, où les membres défendent l'idée que le progrès médical dépend de la recherche sur les animaux de laboratoire.
1. CCAC. Animal Use Survey (1998)
2. Charlotte Montgomery. "Blood Relations: Animals, Humans and Politics." Chapter 3: Keeping Humans Alive. Between the Lines, Totonto (2000)
3. Gärtner Klaus. "Decrease in biomedical research activity in Germany as a
consequence of bureaucratic hindrance due to amended 1986 animal protection law.
" The ethics of animal experimentation: Proceedings of the European Congress held 17-18
December 1996. European Biomedical Research Association. Edited by Philip N.O Donoghue
4. In his article "Atrocities in the laboratories" by Christopher J.Heyde, former Republican
senatorial staffer and with the Society for Animal Protection April 2002