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Des chiffres qui parlent

"L’altération des fonctions des gènes est différente entre l’animal et l’homme. Il a été trouvé, par exemple, que la saccharine facilite le développement de tumeurs chez la souris, ce n’est pas le cas pour l’homme." ---Renato Dulbecco, Prix Nobel


  • Des études suggèrent que les êtres humains et les souris possèdent entre 90 et 99% de leur génome en commun, en dépit de cette très grande ressemblance des gènes, il y a des différences évidentes entre les humains et les souris. Il semblerait que chaque génome va coder 30,000 protéines qui sont communes aux deux espèces et 300 gènes sont différents chez la souris par rapport aux gènes humains. Ce résultat qui est l’aboutissement de beaucoup d’années de travail permet de conclure que les similarités structurelles ne rendent pas compte fidèlement des différences phénotypiques. Ce qui définit l’espèce et ses réactions physiologiques, c'est la manière dont l’expression des gènes est réglée. Une forte ou parfaite homologie de séquence entre gènes d’espèces différentes peut se traduire chez chaque espèce par une fonction différente dépendammemt de la régulation des gènes. C’est ainsi qu’à l’échelle moléculaire, un chat devient un chat et une souris une souris, ce qui a des implications évidentes en toxicologie. Le séquençage du génome de souris aura coûté 140 millions de dollars pour arriver à cette conclusion. C’est beaucoup d’argent qui aurait pu servir à mettre au point des méthodes alternatives aux tests sur les animaux.
  • En 1994, le toxicologiste Michael F. W. Festing de l’université de Leicesteir, en Angleterre, rapporta, d’après une réévaluation critique de l’analyse statistique d’une étude sur les effets de l’éthanol sur le sang, suivant une absorption chronique d’alcool, que cette étude aurait pu être conduite avec 24 chiens au lieu de 46. Une autre expérience révisée, dont le but était de rechercher la réponse à un agent causant des blessures de la vessie, dans deux lignées de souris, amena à la conclusion que cette étude aurait pu se faire avec 80 souris au lieu de 180. (1)
  • En 1978, Frieman et ses collègues révisèrent 71 études cliniques impliquant des sujets humains et trouvèrent que des résultas non-significatifs furent publiés dans des journaux renommés. Après avoir procédé au re-calcul des statistiques, 67 des 71 études comprenaient un nombre de patients insuffisant pour détecter un effet thérapeutique de 25% par rapport au contrôle et 50 ne pouvaient pas montrer un effet thérapeutique de 50%. (2)
  • En dépit de l’utilisation de plus de 144 millions d’animaux de laboratoire en Grande-Bretagne depuis la fin du 19ème siècle, l’espérance de vie dans ce pays n’a presque pas changé jusqu’à aujourd’hui. Bien que la grande majorité de ces animaux fut utilisée entre les années 1950 et 1990, la chute de la mortalité pendant ces 40 années était déjà complète à 92 percent dans les années 1950. Durant cette période, il est donc impossible que cette baisse de mortalité soit attribuée aux tests sur les animaux de laboratoire (l'argument préféré des expérimentateurs pour faire valoir la vivisection, mais qui ne tient pas, face aux chiffres du département de la Santé et de la Sécurité Sociale de Grande-Bretagne.) Cette chute de mortalité s’explique par une meilleure hygiène, nutrition, de meilleures conditions de travail, de logement et aussi par le déclin naturel des maladies infectieuses, conséquences d’une meilleure qualité de vie.
  • Une étude montre qu'au moins 70% des cas de cancers du colon, de maladies cérébro-vasculaires, de maladies du cœur, de diabète de type 2, peuvent être évités par un changement de style de vie et par une meilleure hygiène alimentaire. En ce qui concerne les plus grandes causes de mortalité dans le monde occidental, les facteurs non-génétiques responsables des risques d’incidence des maladies représentent entre 80 et 90% de tous les cas. Ce résultat montre l’importance de la prévention qui dépend de chacun d’entre nous et de gestes simples, a priori .(3)

  • Si l’on considère la recherche sur les animaux ou la recherche sur les sujets humains depuis les 20 dernières années au Canada, celle financée par les Instituts Canadiens de la Recherche en Santé, l’expérimentation et les tests sur les animaux auront coûté aux contribuables trois fois plus d’argent que la recherche clinique, qui représente un investissement de seulement 34% des fonds pour la recherche en santé. Voir les chiffres donnés par les Instituts Canadiens de la Recherche en Santé.

Recherche sur l’Homme

Nombre de Projets Financés Total $ alloué
6897 $524,235,042.33

Recherche sur l’Animal

Nombre de Projets Financés Total $ alloué
23493 $1,524,926,313.73

Recherche sur l’Animal et l’Homme

Nombre de Projets Financés Total $ alloué
3868 $276,196,282.10
  • L’institut de Neuropathologie de l’université de Zurich dépense plus de 400,000 euros par année (US$337,000) pour maintenir ses colonies de souris. L’institut National de la Santé (NIH) investit des millions de dollars d’argent public pour permettre la collection et la distribution de souris transgéniques. Il est bon de rappeler que cette technologie, qui a bientôt 20 ans, n’a pas encore permis de comprendre ou de guérir des maladies humaines.(4)
  • Entre 1990 et 1994, le nombre des souris transgéniques a augmenté de 300% en Grande-Bretagne seulement. Cette augmentation est aussi visible dans d’autres pays et traduit bien l’échec des modèles animaux précédents, ce qui amène les chercheurs à vouloir modifier les gènes de souris et les « humaniser», mais la souris est un modèle éloigné de l’humain et le bricolage des gènes humains chez souris donnera sans doute des informations sans valeur pour la médecine humaine.(5) Est-il raisonnable d’étudier les gènes de souris simplement pour augmenter la somme des connaissances et d’y investir tant d’argent public? Devant l’échec de la souris transgénique, les chercheurs se préparent à cloner les singes pour les rendre transgéniques et le NIH y contribue déjà. Il y a des problèmes techniques jusqu’à présent mais grâce à l’argent public, les chercheurs arriveront sans doute à ce but bien inutile.
  • En 1985, 63% des Américains interrogés répondaient que les scientifiques devraient être autorisés à faire des recherches qui causent de la souffrance aux animaux tels que les chiens et les chimpanzés, si elles contribuent à donner des informations concernant les maladies humaines. En 1995, 53% des gens disaient la même chose. Dans les disciplines qui utilisent traditionnellement les animaux, la tendance est la même. Une étude menée par Scott Plous de l’université Wesleyan mentionne que les psychologues qui eurent leur doctorat dans les années 1990 sont deux fois moins enclins à encourager la recherche sur les animaux que ceux ayant eu leur doctorat dans les années 1970.(6)
  • La décision scandaleuse du gouvernement britannique d’honorer le directeur d’un laboratoire spécialisé dans les tests les animaux, lors du jubilée de la reine a causé quelques remous dans la communauté des protecteurs des animaux. Brian Cass, 54 ans, directeur de Huntingdon Life Sciences (HLS), qui admet que sa compagnie tue chaque année 74,000 animaux, dont 750 chiens et 190 singes, a reçu un prix pour récompenser ses services. Les animaux sont détruits dans des tests de produits pharmaceutiques, chimiques et alimentaires.(7)

  • 1. Festing F.W. "Reduction of Animal Use: Experimental design and quality of experiments."Laboratory Animals 28, 212-221(1994)
  • 2. Frieman J.A. et al. "The importance of beta, the type II error and sample size in the design and interpretation of the randomised control trial." New Engl. J. Med. 299:690-694.
  • 3. Science. "Balancing life-style and Genomics research for disease prevention," vol 296 (2002)
  • 4. Nature vol 417 (2002)
  • 5. Science. "Humane science finds sharper and kinder tools," vol 286 (1999)
  • 6. "Trends in Animal Research: Increased concern for animals, among scientists as well as the public, is changing the ways in which animals are used for research and safety testing." Online article of the American scientific http://www.sciam.com/0297issue/0297trends.html
  • 7. "Fury at CBE for Huntingdon boss" by Lucy McDonald, Mail on Sunday 16 June 2002

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