Parmi les sujets qui opposent les pro et anti-vivisecteurs, les conditions de maintien des animaux sont souvent discutées. Le 15 juillet 1999, le Service d'inspection de la santé des plantes et des animaux (U.S. Animal and Plant Health Inspection Service-APHIS), qui fait partie du Département de l'agriculture publia un projet de directive concernant le bien-être des primates. De part la loi, APHIS a le mandat d'améliorer les conditions de vies des primates en captivité dans un but de recherche. Le titre de ce document est: « Rapport final sur l'amélioration de l'environnent pour promouvoir le bien-être psychologique des primates non humains (Final report on Environment Enhancement to Promote the Psychological Well-being of non-human.) Le texte fut critiqué par les lobbies de la vivisection. En particulier, l'importance des liens de la mère et de son enfant, soulignée par les travaux de Jane Goodal, était une pomme de discorde. Le document mettait l'accent sur l'importance des liens sociaux et des contacts sensoriels surtout chez les espèces comme le gibbon et les grands singes. En particulier, les jeunes enfants ne devaient pas être séparés de manière permanente de leur mère avant l'age de l'indépendance dans la nature, sauf si le bien-être des individus l'exige. L'autre sujet de débat concernait l'espace minimum et l'enrichissement de cet espace pour assurer le confort des primates, de manière à ce qu'ils puissent rester debout sans contraintes et bouger leur queue sans entrave.
Fidèle à sa tradition, l'Association nationale pour la recherche biomédicale (National Association for Biomedical Research) répondit que ces nouvelles exigences étaient impraticables car elles ajouteraient un coût financier auquel les laboratoires ne pouvaient faire face. De même, la Société américaine de primatologie, souligna que la mise en place de ces règles serait excessive et que 25 à 50% de la période de soin maternelle suffirait au développement des jeunes primates si d'autres contacts sociaux venaient compenser la séparation permanente avec la mère. Ces organisations menaçaient de voir certaines pratiques de mutilations apparaître, comme l'ablation de la queue des primates, pour répondre aux critères du APHIS. Les arguments des vivisecteurs prouvent que le coût et le confort des chercheurs prévaut sur celui des créatures dont ils ont la charge.(7 et 8)
Il est évident, pour ceux du moins qui passent du temps à observer les animaux en captivité dans les laboratoires ou les zoos et qui gardent leur analyse critique, que les animaux souffrent de la captivité et des frustrations qu'elle impose. Il est regrettable de pénétrer dans les laboratoires en toute illégalité mais c'est ainsi que des atrocités peuvent être découvertes et leurs responsables traduits en justice. C'est ainsi que des informations peuvent être exposées au grand jour pour réveiller les consciences. D'autres informations peuvent s'échapper des laboratoires. Aujourd'hui les laboratoires conduisant des expériences sur les animaux, ont retenu la leçon et s'entourent de précautions pour éviter d'attirer l'attention. Le silence et la dissimulation sont les grandes armes de la vivisection.
L'histoire suivante commença en novembre 2000, quand le Daily Express, rapporta des expériences choquantes conduites par la compagnie Imutran, installée à Cambridge, en Angleterre. Des documents officiels de la compagnie tombèrent entre les mains des journalistes et l'analyse de ces documents montra que les animaux étaient victimes de cruautés et qu'ils souffraient, selon les membres du gouvernement en charge de l'enquête, à cause de la négligence et de l'incompétence des chercheurs. Des milliers de cochons et des centaines de singes avaient été utilisés et tués dans les cinq dernières années dans des expériences de xénotransplantation. Les articles scientifiques publiés par la compagnie manquaient d'informations importantes qui apparaissaient dans les documents confidentiels de la compagnie Imutran. Ainsi, les enquêteurs révélèrent des infractions concernant l'enregistrement des données, le nombre d'euthanasies et les protocoles.
Un quart des animaux étaient souffrants et moururent dans les quelques jours suivant les procédures à cause de problèmes techniques. Par exemple, un singe en particulier dut être euthanasié car le chercheur réalisa que l'organe qu'il devait transplanter dans cet animal avait été congelé par erreur. Un autre singe avait un cour de porc implanté dans le cou, en train de dégénérer sur le corps du singe qui faisait une réaction sévère de rejet immunitaire. Cette compagnie se vantait d'avoir réussi à faire survivre un organe pendant 39 jours dans un babouin (babouin X201M.)
Imutran a utilisé les services de Huntington Life Sciences (HLS une autre compagnie qui fait des tests sur les animaux pour tester des médicaments, des produits chimiques et environ 500 animaux meurent dans une seule journée de tests) pour procéder à 400 chirurgies sur des primates. Imutran est une filiale du géant pharmaceutique suisse Novartis (9). Après la conclusion de l'enquête, le gouvernement britannique décida de retirer la licence d'Imutran. Plus tard, Imutran délocalisa ses activités aux Etats-Unis, afin de coopérer avec Biotransplant. (10)
1. JAMA vol 282(7) (1999)
2. Newsletter of the Great Ape Project International: "UK Bans Experiments on Great Apes!" Fall / Winter 1997, http://www.greatapeproject.org/newsletters/BtG2xtra.html
3. Gregory Mthembu-Salter. "Tanzania's Grim Baboon Trade" Mail and Guardian November 10,
Johannesburg (2000)
4. Mammalian Models For Biomedical Research Compiled by the National Institutes of Health
5. Ton Kos. "The use of non-human primates in biomedical research, now and in the future."
The ethics of animal experimentation. Proceedings of the European Congress held 17-18
December 1996 at the Palais des Congrès, Brussels. European Biomedical Research Association.
Edited by Philip N.O. Donoghue
6. Crawford D., et al. "The use of non-humane primates for research- a report of the
situation in France." London: European Coalition to End Animals Experiments (1996a)
7. U.S. Animal and Plant Health Inspection Service. "Final Report on Environment
Enhancement to Promote the Psychological Well-being of non-human Primates." Docket No. 98-121-1 (1999)
8. Martin Stephen. "Maternal Deprivation Experiments in Psychology: A critique of
Animal Models." American, National and New England Anti-Vivisection Societies, Boston (1986)
9. Lucy Jonhson and Jonathan Calvert. "Terrible despair of animals cut up in the name of
research." Daily Express, 21. 09 (2000)
10. Paul Gallagher. "The tortuous decline of Huntingdon Life Sciences has been claimed
by animal rights activists as a moral victory and a triumphant end to a five-year protest
campaign." The Scotman, 10. 01 (2002)