Forssmann et son expérimentation
Nous devons la découverte de la quinine et la compréhension de la malaria, qui tue chaque année plus que toute autre maladie dans le monde, aux expériences de Patrick Manson grâce aux expériences cliniques; certaines dangereuses puisqu'il infecta son propre fils pour confirmer la théorie de Ken Ross. En 1844, Manson observa continuellement ses patients souffrant de fièvre, en Chine où il prit un poste de médecin sur l'île de Formose. Il vint à la conclusion que l'éléphantiasis était causé par les embryons de nématodes filariformes trouvés dans l'estomac des moustiques.
Maintenant, nous savons que Manson avait vu juste et ces travaux ouvrèrent la voie à la médecine tropicale. Il était une personne généreuse et en dépit des difficultés qu'il avait à obtenir des fonds, il ne devint pas désabusé et partagea avec le reste du monde ses découvertes au sujet de la malaria. Il reçut le Prix Nobel avec Ronald Ross, qui reprit son travail.
Les effets de la cocaïne et de la morphine sont connus bien avant les expériences sur les animaux et nous devons au physiologiste Paolo Mantegazza, en 1859, l'observation clinique des effets de ces drogues. En 1859, il décrit les sensations qu'il ressentait après avoir mâché des feuilles de coca. Ces travaux permirent d'améliorer les techniques d'analgésie qui furent ensuite valider chez les animaux pour confirmer ce qui était connus depuis longtemps chez l'homme.
La morphine en particulier crée un état d'excitation prononcé chez le chat, la souris et le chien. Ce dernier peut survivre à des doses 20 fois plus fortes que chez l'homme. L'opium n'a pas d'effet sur le porc-épic, la strychnine n'est pas toxique chez le cochon d'inde et chez les singes, le chloroforme endommage le foie des chiens mais pas celui des hommes (ce qui a retardé son utilisation en France mais pas en Angleterre puisque les études chez l'homme avaient prouvé son innocuité), le paracétamol à dose thérapeutique tue les chats, l'aspirine tue les souris, etc. Difficile donc de tirer des conclusions valides d'après les tests sur les animaux dans le but de prédire les réactions physiologiques chez l'homme.
Nous conseillons la lecture de ce livre à ceux qui aiment l'histoire de la médecine.
Glaser Hugo. "The Drama of Medicine: Doctors risk their lives in research." The scientific book Club (1962)