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THALIDOMIDE


Les tests concernant la reproduction et en particulier la teratogénicité chez le modèle animal se caractérisent par leur manque de fiabilité notoire. Selon le New England Journal of Medicine, sur 1,200 produits chimiques causant des effets tératogènes, seulement 30 d'entres eux causent des effets similaires chez l'homme et de nombreuses drogues utiles causent des défauts de naissance chez le modèle animal. La Thalidomide a été testée pendant des années, avant, pendant et après les premières indications épidémiologiques qui soulevaient un lien entre le produit et les déformations observées chez les nouveau-nés, en Europe, en 1962. Le Time Magazine de cette époque rapporta que la Thalidomide fut introduite sur le marché après trois ans de tests sur le modèle animal. La compagnie Chemie Grünenthal, continua à obtenir des licences en Europe pour commercialiser la drogue, quand bien même la compagnie eut reçu 1,600 lettres soulignant la possible corrélation entre cette drogue et les déformations observées. Un tribunal allemand en conclut que la compagnie avait suffisamment d'informations pour retirer le médicament.

Cela prit des années pour se rendre compte de l'effet tératogène de la Thalidomide parce que les tests sur le modèle animal étaient négatifs et que les données épidémiologiques, pourtant évidentes pour beaucoup de docteurs, étaient réfutées par la compagnie. Les tests sur les animaux continuèrent, sur des souris, des chats, des chiens et des singes recevant des doses très importantes sans pour autant conclure. Testée sur des dizaines de lignées de lapin, enfin une lignée de New Zélande répondit en démontrant des cas de malformations et quelques cas apparurent aussi chez le singe. En décembre 1970, après un procès qui dura plus de deux ans, il fut enfin reconnu par une cour de justice allemande, et suivant les témoignages d'un comité d'experts en expérimentation, que « les tests sur les animaux faits de manière systématique ne pouvaient pas être fiables pour la sécurité humaine. »

Aux Etats-Unis, à cette époque, un docteur de la FDA, contre vents et marées s'interposa pour empêcher l'introduction de la thalidomide sur le marché américain. If fallait s'en tenir aux observations cliniques qui furent encore une fois mises en doute de ce côté de l'Atlantique. Les autorités et les chercheurs avaient donné trop de poids à la validité des tests sur le modèle animal et continuèrent à en donner puisqu'ils exigèrent des tests supplémentaires, pour rassurer le consommateur, et dont ils savaient très bien le manque de validité. En utilisant des embryons de poulet, Prof. S.T. Aygün, un virologiste de l'Université d'Ankara, avait entrevu les effets tératogènes de la Thalidomide et empêcha son introduction en Turquie. Dr. Ross Nigreli, qui dirigeait le laboratoire de biochimie marine et d'écologie à New York suggéra : « Pour tester les drogues, nous utilisons les oufs d'oursins, et nous aurions pu leur dire au sujet de la Thalidomide plus rapidement si nous l'avions testée sur des oeufs d'oursins. » (Margaret B.Kreig Green Medicine 1964 Rand McNally Chicago) Peut-être. Aujourd'hui, il y a plus d'une douzaine de tests in vitro représentant différents aspects du développement. Les cellules embryonnaires (stem cells) sont maintenant utilisées dans de nombreuses applications pour des tests en rapport direct avec la teratogénicité.

Pour un compte-rendu plus complet, visitez (en anglais): ANIMAL RESEARCH TAKES LIVES.



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