2 juin 2004
Anxiété et dépression sont médiocrement traitées dans les pays riches
Priscille Tremblais, LeJournalSanté.com
Dans les pays développés comme dans ceux en voie de développement, les troubles mentaux comme l’anxiété ou la dépression sont devenus communs. Cependant, selon une étude parue dans le numéro de juin du Journal of the American Medical Association, ils seraient sous-estimés et surtout mal soignés. Des chercheurs la « Harvard Medical School », conduits par le Dr Ronal Kessler, ont analysé les résultats d’une enquête menée auprès de 60 463 adultes à travers le monde.
Entre 2001 et 2003, des enquêteurs (non psychiatres) ont visité les habitants de Belgique, Chine, Colombie, France, Allemagne, Italie, Japon, Mexique, Hollande, Niger, Espagne, Ukraine et Etats-Unis. A l’aide d’un questionnaire dont l’efficacité en tant qu’outil de diagnostic n’est plus à démontrer, ils ont interrogés ces quelques 60 000 personnes sur leur santé mentale pendant deux heures chacune. Dans chaque pays, des psychiatres ont réinterrogé certaines personnes pour vérifier les résultats. Plus de 10 % des personnes questionnées se sont révélées être atteintes de troubles psychiques. Les Etats Unis enregistrent le plus fort taux de malades avec 26,4 % et le Niger le plus bas niveau avec 4,7 %. Pour l’équipe du Dr Kessler, ces chiffres pourraient être bien au-dessous de la réalité puisque « les gens admettent difficilement avoir des problèmes mentaux ». Dans tous les pays étudiés, les chercheurs ont noté d’autre part qu’« un nombre important de cas sérieux ne reçoit aucun traitement ». Dans les pays développés, 36 à 50 % des personnes présentant des symptômes graves n’avaient pas été traités l’année précédent l’enquête. Dans les pays en voie de développement, la situation est encore pire : 76 à 85 % des cas sérieux n’avaient pas été soignés. Pour Ronald Kessler, les raisons de ce « sous – traitement » des troubles psychiques tiendraient aux problèmes d’accessibilité des soins médicaux dans beaucoup de pays. Pour résoudre ce problème, les chercheurs préconisent « de meilleurs systèmes de santé et une meilleure formation des médecins à ces maladies.»
Canadians for the Advancement of Health Research:: Alternatives to animal research