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18 juin 2004

La qualité de l'air se détériore au Canada

Denis Bueckert Cyberpresse, Ottawa

L'ozone troposphérique — une des plus nocives composantes du smog — dépasse de 30 pour cent en moyenne, dans les villes canadiennes, la limite sanitaire fixée par les ministres de l'Environnement, révèle un rapport de l'Institut Fraser. Et la situation se détériore de plus en plus, dit le document basé sur des données d'Environnement Canada auxquelles le public ne peut avoir accès sous une forme compréhensible.

Les niveaux ambiants du polluant ont donc augmenté de 32,7 pour cent entre 1975 et 2001, dit le rapport. Les statistiques démontrent clairement que la qualité de l'air se détériore, affirme Ted Boadway de l'Association médicale de l'Ontario, ajoutant que la question devrait attirer l'attention durant la campagne électorale.

L'ozone troposphérique, ou mauvais ozone, n'a pas de couleur, ni odeur; il se forme lorsque les polluants des pots d'échappement des voitures et d'autres sources réagissent avec la lumière du jour. Il augmente le malaise des asthmatiques, endommage les poumons et peut endommager le coeur

. Toutes les villes citées dans le rapport de l'Institut Fraser avaient, durant la période couverte, des taux annuels moyens d'ozone supérieurs à la limite acceptable de 15 parties par milliard fixée par les ministres fédéral et provinciaux de l'Environnement.

En 2001, c'est le secteur d'Ottawa-Hull qui enregistrait les taux d'ozone les plus élevés, à 25 parties par milliard. Toronto, Montréal, Vancouver, Calgary et Winnipeg avaient toutes des taux supérieurs à 20. Selon M. Boadway, le gouvernement fédéral cache de l'information au sujet de la qualité de l'air. L'augmentation des niveaux d'ozone est par ailleurs mystérieuse parce que certains des produits chimiques qui en sont à l'origine sont en déclin, a affirmé Kenneth Green, un expert de l'environnement et coauteur du rapport. Ironiquement, un des principaux thèmes du rapport est que les préoccupations environnementales ne sont pas justifiées par les données scientifiques. M. Green a toutefois précisé que l'ozone de la basse atmosphère (ozone troposphérique) est une exception. «C'est dérangeant et c'est un défi», a-t-il dit, en précisant que les tendances pour l'anhydride sulfureux et le monoxyde de carbone sont à la baisse.

Le rapport indique que la situation est d'autant plus curieuse que les tendances aux États-Unis sont à l'opposé. Les niveaux d'ozone chez nos voisins du sud ont diminué de 30,8 pour cent entre 1980 et 2000, dit le rapport. Et M. Green ne s'explique pas pourquoi les tendances dans les deux pays sont si différentes. Mais les États-Unis ont une sévère législation sur la qualité de l'air (Clean Air Act) qui impose des normes strictes. Il n'y a pas d'équivalent au Canada.

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