23 juin 2004
L'achat de médicaments continue de croître au Canada
Le Devoir
Les dépenses totales pour acheter des médicaments ont augmenté d'environ 8,1 % en 2003, ce qui est beaucoup plus que le taux d'inflation, selon ce que révèle une étude dévoilée hier par l'Institut canadien d'information sur la santé. Ce type de dépense a maintenant plus que quadruplé depuis 1985 pour atteindre en 2003 un montant de 620 $ par personne. Parmi les 11 pays industrialisés classés par l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), seuls les citoyens du Japon, de la France et de la Hongrie dépensent plus d'argent que les Canadiens pour acheter des médicaments.
Plus de 47 % du coût des médicaments vendus sur ordonnance a par ailleurs été défrayé par les gouvernements l'année dernière. Il s'agit là aussi d'une hausse par rapport au niveau de 42,5 % enregistré il y a cinq ans. Le prix des médicaments au Canada est régi par le Bureau de révision des prix des médicaments brevetés. Et bien que le coût des médicaments soit moins élevé au Canada qu'aux États-Unis, les médicaments constituent l'un des éléments des dépenses totales de santé qui connaît la croissance la plus effrénée. «La hausse des dépenses consacrées à l'achat de médicaments survient malgré des prix relativement stables dans ce secteur au Canada», a commenté Paul Grootendorst, professeur à l'Université de Toronto et conseiller auprès de l'Institut canadien d'information sur la santé. «Cette conclusion démontre que les citoyens consomment plus de médicaments qu'auparavant et que de nouveaux médicaments font leur apparition sur le marché, et de façon générale, à un prix plutôt élevé.»
Certains observateurs soulignent que les fabricants de médicaments contournent la loi fédérale en présentant des nouveaux produits qui ne sont pas nécessairement plus efficaces que les produits existants. «Nous payons trop cher pour ce que nous obtenons», soutient Michael Rachlis, dans son plus récent bouquin intitulé «Prescription for Excellence».
Canadians for the Advancement of Health Research:: Alternatives to animal research