11 mai 2004
Les Nord-Américains seraient fortement contaminés
Dennis Bueckert, Presse Canadienne, Ottawa
Une étude des Centres de contrôle des maladies infectieuses d'Atlanta (CDC) démontre des niveaux alarmants de contamination aux pesticides en Amérique du Nord, affirment des défenseurs de l'environnement aux États-Unis et au Canada. Selon une recherche du groupe écologique Pesticide Action Network North America, basé à San Francisco, on retrouve dans le sang de l'Américain moyen les traces de 13 pesticides différents, dont certains sont à des niveaux qui dépassent les normes établies par l'Agence américaine de protection de l'environnement.
La situation devrait être la même au Canada, d'indiquer Susan Kegley, chercheuse senior de l'organisation. «La réglementation est très semblable au Canada et aux États-Unis, a-t-elle soutenu mardi au cours d'une interview. Il n'y a pas beaucoup de pesticides qui sont légaux aux États-Unis et qui ne le sont pas aussi au Canada. Une autre étude publiée la semaine dernière par le Collège des médecins de famille de l'Ontario rapportait de nombreux liens de cause à effet entre l'exposition aux pesticides et des maladies sérieuses comme le cancer, les troubles de la reproduction et les maladies dégénératives. Les chercheurs des CDC d'Atlanta ont vérifié le sang et l'urine de plus de 9000 personnes pour la présence de 23 pesticides. Ils ont découvert que tous les sujets étudiés sans exception avaient des niveaux détectables de pesticides dans leur organisme. En outre, les niveaux de concentration de deux produits, le chlorpyriphos-éthyl et le parathios méthylique, dépassaient de beaucoup les normes de sécurité. Selon Mme Kegley, les CDC ont rendu ces informations publiques en janvier dernier mais sans regrouper les résultats, faisant en sorte que personne dans le public ne puisse y comprendre quelque chose. Un des problèmes, d'expliquer Mme Kegley, c'est que l'Agence américaine de protection de l'environnement ne teste que pour les effets d'un seul pesticide à la fois, alors qu'on sait très bien que les gens sont exposés à plus d'un pesticide dans leur environnement. «Personne ne peut dire ce qu'ils peuvent faire ensemble.» Selon Chris Krepski, porte-parole de l'Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire du Canada, il n'existe pas de statistiques nationales sur la contamination chimique dans l'organisme des Canadiens. Il précise toutefois que les chlorpyriphos-éthyl n'ont jamais été légaux au Canada et que l'utilisation du parathios métyllique est interdite dans les zones résidentielles depuis 2001.
Cyberpresse