Bruxelles veut réduire les tests sur les animaux
La Commission européenne a annoncé lundi qu'elle avait noué un
partenariat avec six organisations professionnelles pour réduire les
tests sur les animaux. Les industries européennes de la chimie (Cefic),
des cosmétiques (Colipa), des savons et détergents (AISE), de la
pharmacie (Efpia), la recherche agricole (ECPA), ainsi que l'association
européenne des bioindustries (Europabio) ont ainsi signé avec Bruxelles
la "déclaration des 3 R", un partenariat européen "visant à réviser,
réduire ou remplacer le recours aux animaux".
"Nous souhaitons non seulement réduire les tests sur les animaux, mais
aussi y mettre fin à long terme", a déclaré le commissaire à l'Industrie
Günter Verheugen. "La mise au point de nouvelles méthodes permettra non
seulement de réduire les tests sur les animaux, mais aussi d'améliorer
la compétitivité des entreprises européennes", estime la Commission. Par
exemple, illustre-t-elle, la meilleure solution alternative commerciale
aux tests réalisés sur les lapins pour détecter la présence d'impuretés
dans les médicaments est un test "utilisant des cellules humaines qui
représente un volume d'affaires de 200 millions d'euros au niveau
mondial et qui permettrait de sauver la vie de 200.000 lapins par an".
(10,7 millions de cobayes)
Au 1er trimestre 2006, un groupe de travail va élaborer un programme
d'action afin d'identifier les obstacles au progrès et proposera des
solutions en vue de promouvoir la validation de méthodes alternatives.
Selon Bruxelles, quelque 10,7 millions d'animaux ont été utilisés en
2002 pour des expériences, dont plus de 50% pour la recherche et
développement en médecine humaine. Aujourd'hui, explique la Commission,
"la science est en mesure d'affiner, de limiter et de remplacer les
essais sur les animaux par des méthodes de cultures de cellules, des
modèles informatiques et des extrapolations à partir de données existantes".
"Certains effets sur la santé humaine peuvent d'ores et déjà être
évalués en utilisant des méthodes de substitution, notamment en matière
de corrosion de la peau, d'absorption cutanée et de phototoxicité",
écrit-elle.
D'autres effets, tels que l'allergie cutanée, peuvent
désormais être étudiés en utilisant moins d'animaux et en les exposant à
des effets moins graves. Toutefois, pointe la Commission, "le principal
problème que pose le remplacement total des essais sur les animaux est
lié au fait que le passage à de nouvelles évaluations de la sécurité ne
doit pas porter atteinte aux normes de protection élevée des
consommateurs, des travailleurs et des malades". Les tests sur les
animaux devraient donc rester encore longtemps nécessaires dans le
domaine des produits pharmaceutiques, de l'alimentation humaine et
animale, des produits chimiques et cosmétiques, des dispositifs médicaux
ou encore des biotechnologies.
Source:http://www.tf1.fr